L’histoire d’un pionnier de la course et de l’arrivée fulgurante de son fils sur les circuits québécois… BRUTUS, la légende Les courses de quads n’ont pas toujours existées. En fait, elles ne sont apparues que vers la fin des années 1980. Beaucoup de gens croient que de courser en quad est un exploit très téméraire mais ils ignorent que quelque chose de pire a déjà existé! Michel Lainesse, alias «Brutus» pour ceux qui le connaissent en est un témoin vivant, étant probablement le coureur ayant le plus d’années de compétitions en VTT à son actif à ce jour. Pionnier de la course sur terre battue et sur glace en VTT, la «Légende» a accepté de raconter son histoire, ainsi que celle de son fils, Michaël, qui a fait son entrée en piste, il y a, à peine, quelques années.
Né en 1955, Michel Lainesse a pratiquement tout vu de l’évolution de la course. Faisant ses débuts en «Mini-Trail» vers 1967, il ne savait pas encore à ce jour-là qu’il allait influencer le cours de l’histoire! Il réalisa quelques courses à l’Arénacross de Victoriaville et passa ensuite sur un motocross Suzuki vers 1972. Il prit part pendant deux ans aux courses de la CMQ, l’équivalent de l’organisation de la CMRC aujourd’hui. La CMQ avait été fondée par Laurier Pépin, un autre personnage influant puisqu’il est également à l’origine de l’actuel «Motodrome
St-Marcel», ayant maintenant Jasmin Péloquin (JPS Inc.) comme propriétaire. Et voilà qu’en 1982, le vent tourne et les courses voient une nouvelle discipline arriver: le temps absolument fou des 3 roues! Plusieurs vétérans avouent aujourd’hui que le danger ne pouvait pas être plus élevé qu’avec ces machines hasardeuses et que la course de quads n’est en rien aussi dangereuse que celles-là! N’ayant une seule roue à l’avant, les kamikazes entraient à des vitesses incroyables dans les courbes des circuits de Tingwick et de St-Marcel-sur-Richelieu comme s’ils avaient 4 roues pour garantir qu’ils ne chavireraient pas. Ayant fait ses débuts en courses de 3 roues en Honda 185cc, Michel se retrouve alors commandité et obtient un Honda 250R (pas encore les 4 roues TRX250R) et commence sa collection de plaques #1 dans les championnats de course sur glace cramponnée. À l’époque, les courses se déroulaient sur la glace des arénas, comme à St-Félicien au Lac St-Jean. Il a également accumulé plusieurs victoires en endurance sur neige durcie. Déjà à cette époque, Michel Lainesse laissait sa trace. Puis est venu le temps de prendre une pause de 10 ans pour fonder une famille.
Vers 1994, nous avons pu constater le retour de «Brutus» sur les circuits de la CMRC sur glace en course cramponnée. Il était alors venu en solitaire, pour le simple désir de goûter l’adrénaline de la victoire à nouveau. Mais cette fois-ci, il ne revient pas en 3 roues car cette époque était achevée et remplacée par l’Ère des VTT! C’est donc avec un Honda TRX300ex modifié qu’il remet les pieds sur la piste. Il a également utilisé toutes les connaissances acquises au temps des 3 roues pour régler tous les ajustements de son quad afin d’avoir une tenue de piste à son meilleur. Il fait également connaissance avec un autre personnage qui a marqué la course sur glace et qui est aujourd’hui l’artiste derrière la majorité des esthétiques flamboyantes de motocross et de quads de course: Guy Mélançon. Michel avoue qu’une nouvelle amitié, qui dure encore aujourd’hui, s’était alors développée. Les deux combattants ont su livrer tout un spectacle pendant plusieurs années. Michel demeura cependant l’éternel champion jusqu’à ce que Guy fabrique son quad artisanal avec un moteur de CRF 450. L’histoire de la course de quad poursuit son évolution avec l’arrivée des TRX400ex en 1999. Michel en fait donc l’acquisition et roule 2 ans sur ce type de véhicule. En 2001, il prouve à nouveau ses talents de «mécanicien-ingénieur de course» en bâtissant à la main un véhicule très léger et puissant préparé uniquement pour la course sur ovale. Il était composé d’un moteur de LTZ400 Suzuki modifié, d’un châssis Honda et de pièces artisanales. Ce VTT, encore utilisé en 2008, a contribué à inaugurer «Brutus» au titre de légende de la course!
Depuis quelques années, Michel Lainesse avait commencé à penser à une retraite quant à sa carrière de pilote. Il a fallu jusqu’à l’hiver 2008 pour qu’il décide de ne plus prendre part aux départs hivernaux. Il calcule maintenant que le risque de blessure est de plus en plus menaçant puisqu’il n’a plus autant de temps pour s’entraîner et être en forme qu’avant. Pendant ces quelques années, il a commencé à transmettre quelques notions que l’expérience lui avait apportées en entraînant Patrick Labonté (frère de l’excellente pilote Cynthia Labonté), un jeune homme prodige, qui nous a malheureusement quitté à cause d’un accident de la route. Je peux également parler en mon nom, en disant que je dois à Brutus une part du plaisir que j’éprouve en pilotant moi-même mon quad lors des courses sur glace puisqu’il a été un mentor hors pair lorsque j’ai commencé à apprendre les rudiments de la compétition cramponnée. Personne n’a autant d’expérience que Michel Lainesse et c’est un honneur de recevoir des conseils de cet homme admirable.
Michel a donc été au volant d’un quad, son dernier étant un LTR 450 de Suzuki, jusqu’à l’âge étonnant de 51 ans. Même s’il se battait contre les «jeunes loups» comme il dit, il n’a jamais été très loin de la première position, fidèle à ses habitudes! Il a finalement confié qu’une des courses qu’il se souviendra le plus est celle de Roxton Pond, une année où l’anneau de glace avait été entretenu avec une véritable Zamboni. Il dit avoir vécu son moment le plus intense, son «plus beau feeling».
L’arrivée de Michaël Contrairement à ce que plusieurs pensent, Michel Lainesse n’a pas légué le flambeau à son fils. Michaël est apparu aux courses par lui-même, en 2005, bénéficiant de l’expérience de son père mais sans plus. «C’est lui qui s’est décidé à sortir de la cave de la maison…» a-t-il dit en riant! Il avoue tout de même qu’il éprouve un grand plaisir à accompagner Michaël aux courses. Son implication aux courses est maintenant de préparer la machine et de s’amuser à voir son fils se donner à 100%, tout en le soutenant lors des événements. Il répète souvent que l’important pour lui n’est pas nécessairement de le voir gagner mais de le voir se dépasser et donner tout ce qu’il peut.
Michaël Lainesse a donc fait son entrée en compétition après avoir été plusieurs années sans intérêt pour le monde de la course motorisée. Il faisait du sentier pour le plaisir, sans plus. Puis un jour, il a entendu parler des courses alors qu’il était ami avec Cynthia Labonté, une pilote de vtt chez les femmes. Peu de temps après, il réalisa sa première compétition au Lac Georges, de Val Alain avec l’aide de son parrain Alain Nadeau. Michaël a confié: «Je n’aurais pas pu être plus poche, (alors qu’il avait terminé dernier) mais j’ai trippé sur l’adrénaline des courses!». Il a ensuite commencé à apprendre la mécanique avec son père puis a commencé dans la cour des grands à Baie Comeau, sur la glace en 2006 avec le quad de son parrain. Un peu plus tard cet hiver, il a eu la chance d’essayer le quad de son père. Il a alors ajouté: «Ça marche ce quad-là!» puis a continué à courser avec le quad de Brutus. Il a ensuite connu un moment sombre en se blessant sérieusement à Shawinigan. Il a étonnamment repris la compétition ce même hiver, réalisant une excellente 3ième position en semi-pro à Roberval.
En 2007, Michaël a réalisé sa première pôle position en Semi-Pro à Kanawake et a terminé 2ième au championnat en Junior. On peut donc dire qu’il a eu les bons gènes familiaux et que la victoire est autant en lui que son père. Cet hiver-là, il a eu l’occasion de courser contre son père et il a réussi à terminer devant lui en qualification à Roxton Pond. Ce jour-là, l’élève avait dépassé le maître. Cette année, en 2008, Michaël a réussi à faire son entrée en classe professionnelle, lui qui a eu un parcours assez rapide pour franchir toutes les étapes de progression pour devenir Pro. Son talent est remarquable et son attitude est exemplaire. Michaël est un jeune pilote né en 1990 et n’a pas fini de faire parler de lui. Continue Mick!



