C’est là une question amusante et pleine de mystère à se poser. Dans les anti-chambres du monde de l’ingénierie, plusieurs choses prennent forme aujourd’hui qui vont au-delà de ce qu’on penserait possible. Acculés aux limites de la technologie, plusieurs esprits repoussent les frontières et réussissent à inventer des concepts qui sont un défi constant à ces limites. Jetons un coup d’œil aux derniers véhicules à quatre roues qui ont sauté des tables à dessin pour aboutir dans la réalité.
Le Quark: le prototype futuriste de quad de route Peugeot bi-places Combinant des matériaux purs tels que l’aluminium et la fibre de carbone, ce Quark à 4 roues motrices est un véhicule urbain à émission réduite alimenté par une pile à combustible. Il roule sur quatre roues superbes en alliage léger de 17 pouces et est propulsé par un moteur électrique qui est joint au châssis grâce à des triangles de suspension. Son allure est époustouflante alors qu’il présente des avancements en miniaturisation et en technologie de pile à combustion et de moteur électrique. Quatre moteurs électriques propulsent chacune des quatre roues.
La pile à combustible agit en supplément de l’énergie électrique fournie par une batterie de type Nickel Metal Hydride (NiMH) constituée de 40 cellules individuelles, dont le voltage est de 7,2 volts par cellule. La batterie peut ainsi fournir un voltage nominal de 288 volts. La pile à combustible du Quark est refroidie à l’air, évitant la nécessité d’un lourd système de refroidissement à l’eau. Ainsi, le Quark à 4 roues motrices peut opérer dans n’importe quelles conditions climatiques. Afin d’augmenter la portée du véhicule, le Quark est muni d’un réservoir à hydrogène de 9 litres à une pression de 700 bars qui requiert autant d’espace qu’une bouteille de 350 bars, permettant de doubler la quantité d’hydrogène à bord. La portée se situe autour de 100 km (jusqu’à 130 km en mode économie) et le Quark est doté d’une méthode simple et rapide de remplissage en hydrogène, grâce à un système qui permet de remplacer une bouteille vide par une pleine.
La puissance électrique fournie par les batteries et la pile de combustible est directement transmise à quatre moteurs électriques situés dans chacune des roues. Chaque moteur procure un torque de 100 Nm, une puissance continue de 2,5 kW et une puissance maximale de 7kW. Ainsi, le torque maximum est de 400 Nm et la puissance nominale de 10 kW avec une puissance maximale de 28 kW. Le moteur de chaque roue est contrôlé de façon indépendante par un module électronique. Ce module remplit le rôle réservé aux différentiels traditionnels. En plus de fournir le freinage régénérateur, ce système peut accommoder des fonctions avancées telles que l’ABS, l’ESP (dispositif électronique de stabilité programmé) et l’assistance aux virages. Le système de freinage allie le freinage génératif électrique et celui des freins à disques mécaniques traditionnels à contrôle hydraulique. Le freinage électrique sera prioritaire au freinage hydraulique régulier, afin d’assurer une décélération d’environ 0,3 g tout en obtenant un maximum de régénération.
Le Yamaha Tesseract Le Yamaha Tesseract, en montre au Tokyo Motor Show, est une moto hybride à quatre roues, intrigante, qui a attiré l’attention de plusieurs personnes. Avec une allure qui lui permettrait un rôle dans le film Transformers, l’information sur cette bête élancée est rare. Vous êtes donc libres de vous imaginer au contrôle de ce véhicule et d’expérimenter comment il négocie bien les virages. L’idée de roues jumelles inclinables n’est pas vraiment nouvelle si l’on pense aux Vespa, Piaggio et Vectrix, des trois roues fonctionnant selon le même principe, mais ici les mécanismes d’inclinaison ne sont pas les mêmes. Yamaha donne le nom de «dual-scythe suspension» (suspension à deux fourches) à ce système. C’est un véhicule à quatre roues où les deux roues à l’avant et à l’arrière sont très rapprochées pour donner une belle allure futuriste. L’idée d’avoir autant de pièces de suspension qui sont exposées à plier ou à briser suite à un impact mineur suffit à donner des cauchemars à quiconque s’attaque à ce problème. Le concept vise à procurer une emprise insurpassable en virage grâce aux quatre points de contact avec le sol, tout en assurant la sensation de conduite inclinée d’une moto, appréciée par de nombreux conducteurs. Dans les virages, les deux gros pneus collants en avant et en arrière devraient générer plein de forces G. Un système double de type «arm lock» maintient le véhicule debout sans béquille.
Sa puissance n’est pas connue, mais un moteur en V de deux cylindres refroidi au liquide, ainsi qu’un partenaire hybride électrique d’appoint y contribueront certainement. Son allure évoque la vitesse! Ses lignes futuristes annoncent la haute performance. L’idée d’en voir tout un groupe aux couleurs voyantes de commanditaires sur les pistes de course est alléchante. Cet attrait qui vient de son allure, serait une bonne façon de capter l’attention. Cette moto permettra-t-elle de créer une nouvelle classe de véhicules à quatre roues?
Le HUMDIGA et le Quadski de Gibbs Alan Gibbs, homme d’affaires le plus célèbre de Nouvelle Zélande, s’est intéressé au développement de véhicules amphibies de haute vitesse depuis les années ’90. Le premier véhicule amphibie que son entreprise, Gibbs Technologies Ltd., a produit était l’Aquada, une petite voiture sport possédant les qualités nécessaires pour se jeter à l’eau et se transformer en bateau. Les premiers prototypes de véhicules de ce genre produits ailleurs s’étaient avérés lents et inefficaces. L’Aquada peut atteindre la vitesse de 177 km/h (110 milles/h) sur terre et 51,5 km/h (32 milles/h) dans l’eau. La porte était ouverte à la création de types nouveaux et surprenants de véhicules aux allures futuristes tel le Quadski, un VTT amphibie agréable et rapide, une combinaison de Hummer ressemblant à un camion 4x4 et de bateau à moteur, appelé le Humdiga. Le Quadski est propulsé par un moteur de 140 chevaux-vapeur et peut passer de VTT à embarcation marine en seulement 5 secondes. Ce véhicule a été créé à l’intention des forces armées et des services d’urgence mais pourrait bientôt être disponible au public.
Gibbs prévoit s’installer aux É.-U. pour y construire des usines de production de l’Aquada et du Quadski d’ici la fin de 2009. Les produits de Gibbs sont encore à l’état de prototypes et l’information sur les prix n’est pas encore disponible. Pour l’instant, ce sont les militaires qui semblent les plus intéressés à ce genre de produit. Gibbs s’est joint à Lockheed Martin pour élaborer des versions militaires prêtes au combat du Quadski et du Humdiga, qui ont l’allure de pouvoir s’en prendre à toute chose ou à toute personne. Croisons-nous donc les doigts et espérons qu’ils seront bientôt mis en vente ici.



